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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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De la responsabilité dans les écrits

 

Il ne s’agit pas ici d’un écrit sur le droit pénal concernant la responsabilité devant la justice, d’auteurs de billets, articles, etc. Non. Il s’agit de l’impact de nos jugements écrits et publiés.

Il y a peu je lisais une publication sur le mur FB des Urbains de Minuit… La violence de la critique m’a secouée. Puis j’ai pensé que j’avais écrit pendant longtemps tous les mois un billet pourfendeur dans Adrénaline, journal de L’ADN, signé La Rougna et que je ne regrettais rien… J’ai donc dégluti plusieurs fois, frotté mon plexus, et relu cette potion à l’arsenic, plus calmement.
Le problème avec ce genre « littéraire » c’est qu’il faut tâcler fort, laminer pour « amuser » la galerie… pas dans la finesse. Mais là, l’outrecuidance de l’auteur, son complexe de supériorité, voire d’extrême supériorité, sa maîtrise omnisciente, la virulence des attaques contre les gens pris dans ce vomi… m’ont fait m’interroger sur l’impact et donc la responsabilité de cette missive,  surtout écrite par quelqu’un que j’aime, sur l’opinion que d’aucun(e)s auront des UdM sans y aller voir par eux/elles-mêmes.

Alors ce réseau, les UdM, serait, en vrac, de droite voire d’extrême droite mais ne le sachant pas, constitués de gens gnan-gnan, cons, langue de bois, mauvais en com, en écrit, mauvais mais modestes, modestie au service de la bêtise, confus, avec un manifeste débile, se risquant dans des zones non maîtrisées, compromis politiquement sans s’en rendre compte, chroniquant la même merde qu’à la télé (mauvaise télé), faisant partie d’une oligarchie émergente inconnue, participant d’une bien pensance stérile, manquant d’égards envers les artistes gratifiés d’enrobage con-con, attaquant la république laïque en dénigrant ses subventions donc ses structures (musées, conservatoires, etc.) et favorisant le privé, le bénévolat et la participation au service d’intérêts commerciaux… Une sorte d’ennemi public des artistes, quoi. Ce ne serait pas un peu de la calomnie tout ça ? Des injures ? De la diffamation ? Il n’est pas « un peu exagéré » ce billet ?

- Bon, et si on regardait autrement le sujet, si le No Sponsor, No institution, No subvention, au lieu d’être un slogan publicitaire, était ce vers quoi voulait tendre sincèrement ce réseau… Les parents n’ont rien à voir là. Ceux qui vivent encore ! Il y a des jeunes mais aussi des vieux aux Urbains. Être autonomes si on le peut. Ne pas être inféodés. Qu’est-ce qui caractérise les Urbains avant même la création artistique ? C’est tendre vers la liberté, autant que faire se peut dans cette société. Quel pied, dans ce monde de réseaux fermés sur eux-mêmes et hostiles aux autres, dans ce monde de compétition et de lutte pour enfoncer l’autre où les Cies se tirent dans les pattes pour prendre une place, avoir une subvention qui sera refusée à une autre, car, chers Ludo et Alicia, vous le savez bien qu’il ne suffit pas d’avoir un dossier bien monté pour en avoir, des sous, vous savez très bien qu’il faut plaîre à l’instance qui distribue, vous savez très bien que l’argent public, qu’il soit de la mairie, du conseil général, de la région, n’est pas réparti sans le fait du prince, vous savez bien qu’il s’agit là de clientélisme (de droite ou de gauche), d’électoralisme, d’utilisation de la « culture » à des fins politiques. What ? Vous ne le saviez pas ? C’est caricatural ? Vous en voyez beaucoup, des décideurs publics, assister aux spectacles ? Heureusement, les sous peuvent tomber parfois dans de bonnes mains et permettre de voir des spectacles de qualité, mais pour combien de merdes et autres  Estivales subventionnées…

Oui l’art est politique et en ça, peut-être, nous serons d’accord, qu’il reste loin de tous les pouvoirs et ne serve la soupe à personne.

- Vous confondez un comportement propre au fonctionnement du groupe avec une approbation, généralisée à l’ensemble des acteurs sociaux et culturels, d’une politique de restriction des subventions, de la politique « libérale » mise en œuvre par droite et « gauche » depuis des années. Où avez-vous lu des déclarations des UdM en ce sens ? De nombreux articles des Urbains ou renvois vers d’autres auteurs montrent plutôt que ce « libéralisme » n’est pas la tasse de thé ici.

Alors pourfendre les UdM comme ennemis de la République laïque (dixit Alicia Malialin, sur son mur, à propos des UdM)... c’est un peu… tiens le mot me manque.

- Et d’ailleurs on pourrait bien discuter du rôle de l’État. Ce n’est pas tabou. La droite le veut très fort mais peu (pas) redistributeur. D’aucun(e)s qui sont au contraire pour la lutte des classes, la justice sociale, ont appris qu’il faut se méfier des états forts… et pour cause ! Vous les qualifieriez de droite ? Vous les feriez bien rigoler. L’auto-organisation, une utopie, hien ? Il y a des libertaires ou des anti-industriels qui ne pensent pas du bien des États. La pensée de « gauche » est complexe et diverse.

- Le couplet sur la paresse à faire des dossiers de subvention et les défendre et, du coup, à tenir un bar plutôt, car plus facile, est… grotesque. Les UdM n’ont pas de lieu propre, ils ne vendent pas le vin, ils l’offrent et ils le boivent là où ils, elles, passent. Nul n’est parfait. Et certain(e)s d’entre eux/elles consacrent un temps inconsidéré et font un travail intense en sorte que leurs projets se concrétisent. Combien de concertations, réunions, déplacements, lettres, entrevues, coups de téléphone, conceptions de visuels, descriptifs, photos, textes divers … pour la réalisation du festival de la Saint Narcisse, de Confine del corpo expérience 2 aux abattoirs, précédé de Confine del Corpo 1 à Sanremo en mai. Des mois de travail sérieux et créatif. (Le catalogue est moche, tout est médiocre… c’est votre subjectivité -attention quand TOUT est à jeter, la pertinence de la critique s’émousse, il faut viser juste et précis pour être entendu- je la respecte, on ne peut plaire à tout le monde, mais c’est autant ou plus d’heures qu’il n’en faut pour la réalisation d’un dossier de subvention). La généralisation du genre « vous chroniquez à peu près la même merde que dans la mauvaise télé (oups ! Pléonasme) » me ferait dire que vous avez peu lu le journal, où, ma foi, il y a bien quelques plumes sur des sujets plutôt intéressants … à côté de faiblesses parfois.

- Une réponse vous a déjà été faite à propos du lien aux artistes : les UdM ne travaillent pas POUR les artistes, CE SONT des artistes, en quoi se manquent-ils d’égard envers eux-mêmes ? De quel enrobage con-con sont-ils victimes? Il y a des critiques bien obscures dans vos propos… Mais non, c’est que nous sommes trop bêtes, si je lis bien, pour comprendre. Des gens ayant un manifeste débile… Tiens, Ludo, fais-nous une explication de texte.

- Les spectacles, interventions… lors des soirées du Festival sont au chapeau. Vaut-il mieux une entrée à prix libre ? (Vous faites tantôt l’un, tantôt l’autre, vous aussi, pour vos lectures… Exploité(e)s ?)  Nous y réfléchissons. Une chose vous échappe totalement : le problème des plasticien(ne)s, qui, nous, nous préoccupe. Eux ne touchent jamais rien hormis si, ils ou elles, vendent leurs œuvres… Cela nous interroge. Nous ne sommes pas une institution qui exploite des artistes.

 -Vous fustigez le bénévolat, l’esprit participatif. Bien sûr que c’est exécrable quand il s’agit d’exploitation, « d’entuber », quand il y a profit sur le dos des personnes qui mouillent la chemise. Mais dans le monde associatif, et si l’éthique d’aucun profit personnel est bien respectée, peut-on rejeter leur utilisation ? Chez les UdM, je vois dans les actions menées du désintéressement, ni commerce, ni profit, un mal fou à demander une maigre adhésion (2€). Ça se pratique aussi, l’adhésion à l’Entrepont pour les lectures du lundi, non ?

- Quant au « Lever de rideau », semaine des théâtres à Nice, organisée par la Ville de Nice, ma foi, quelle vraie médiocrité là ! Si mettre en lumière tous les théâtres privés de la ville, consiste à illustrer le théâtre par je ne sais combien de « Mon cul sur ta commode » tant pis pour celles et ceux qui y participent et dommage pour nous Niçois(e)s d’avoir à payer pour des salles spécialisées dans ce genre funeste pour le théâtre. D’ailleurs vous pourriez écrire dans le web journal (hihihi) pour expliquer comment ce projet a été monté, comment il exploite les comédien(ne)s… C’est une des fonctions de ce journal de publier ce type d’information.

- À propos de laïcité, et dans un autre registre, il me vient à l’esprit que les UdM, après la tuerie contre Charlie-hebdo, n’ont pas hésité à organiser, annoncer et proposer, au public, un Cabaret Charlie où, dans la peine mais sans peur au ventre, des artistes ont décliné l’esprit de dérision contre la bêtise religieuse (toutes religions confondues) la plus crasse, l’ordre moral, l’hypocrisie bien pensante, etc. Oui, nous, pourtant « ennemis de la République laïque »…

Alors, oui, il y a quelque chose d’étrange pour des athées, comme moi, à voir inscrite, dans un catalogue de festival, une bénédiction. Quelque chose de l’ordre de pratiques obscures, rétrogrades, primitives, pour nous, non-croyants. D’accord. Ça vous hérisse le poil. Je comprends. Oui, Ludo, nous ne croiserons pas de curé, imam, ou rabbin à la Santa Capelina, ou alors, qui sait, incognito…
Cette partie des réjouissances n’a pas été obligatoire. Liberté. C’est que certain(e)s sont croyant(e)s et veulent que leur Église soit le lieu où puisse se dire du bien (bene dicere) des artistes, cette Église qui les excommuniait, fut un temps. Le lieu où s’entende que beaucoup de chrétiens partagent avec nous, non-croyants le fait que jamais charité ne remplacera justice sociale. Cette Église là. Pas celle qui est, a été et risque d’être encore au service des nantis, des pouvoirs les plus terribles, celle pour qui la femme est un être inférieur, dangereux, impur, celle qui défend l’ordre établi, qui censure, agresse… Mais j’entends très bien l’impact provoqué par cette proposition au sein du Festival. Elle n’a pas été sans en ébranler plusieurs, dont moi.

Pour taquiner, à mon tour : le Théâtre de La Semeuse, la Providence, où vous, auteur et diffuseur de cet insultant billet, apparaissez parfois, n’est-il pas propriété de l’Évêché de Nice ? Théâtre où l’ON tremblait qu’on fît désordre, peu de temps après la destruction des Diables Bleus et Brèche, lors d’une expo photos de Zacloud, pour le Sept-Off de la photographie…

- Quant au narcissisme, ma foi nous le sommes, certaines, certains plus que d’autres, mais pas plus ici qu’ailleurs, et ça se soigne ! Et la jolie pirouette d’attribuer Saint Narcisse aux artistes… RIONS.

 

Nicole Cardinali alias Narki Nal, aux Urbains de Minuit

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Numéro : 58 -