
image : Sonia Grdovic
Ce Qu'il Faut Démontrer.
Le contentement du bourgeois n'existe pas sans le pauvre. Le bourgeois, confortablement assis dans sa situation, n'est rien sans le pauvre.
Car enfin sans le pauvre, qui pour nettoyer, servir, faciliter la vie aux entournures, balayer dans les angles, se distraire, parfois même se cultiver ? Qui pour tranquiliser sa conscience en toute charité, pour justifier son pouvoir, son ascendant, qui pour démontrer sa supériorité ?
Mais aussi, qui pour se battre contre la destruction que le néolibéralisme consumériste achève et à laquelle, oui, toi, bourgeois, tu participes grandement https://france.attac.org/se-mobiliser/changeons-systeme-pas-climat/article/les-riches-detruisent-la-planete ?
Les "bourgeois bohème" le savent en synthétisant l'oxymore : Je suis riche, j'adooore les artistes, d'ailleurs j'en suis moi-même un, je fais de la photo, je suis à la pointe de l'alternativité. Je sème la confusion. Ça tombe bien l'époque est confuse. C'est celle de l'imposture.
"Prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que le courage de l'idéal, chérir le semblant et ses volutes plutôt que la pensée critique, les mouvements de manche plutôt que la force de l'œuvre, voilà le milieu idéal pour que prospère l'imposture." Roland Gori
Aussi, sans le pauvre, quel modèle a le bourgeois pour chercher à élever sa spiritualité ? Jésus l'a dit et dieu sait à quel point il était un homme libre (même après sa mort disent certains)
Marc 10, 24 "Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu."
Les soufis comme les sādhus hindous, bouddhistes ou jaïns savent que la pauvreté est le chemin : le derviche (du persan در�^�?ش [derwiš], pauvre, mendiant) est une personne suivant la voie ascétique soufie (la « Tarîqa », la manière), requérant une pauvreté et austérité extrêmes (in wikipedia).
Au contraire, le pauvre n'a pas besoin du bourgeois ou du riche pour vivre dans la pauvreté. Non. Il vit très bien sans servir, être exploité, manipulé, assisté, aidé. Il est tout aussi pauvre sans la servilité...
Le pauvre n'est pas l'animal domestique que croient les bourgeois, et n'a absolument pas besoin d'eux pour le gîte et le couvert. Not realy.
Selon la voix officielle de la haute bourgeoisie française, c'est à dire du gouvernement, le seuil de pauvreté est de 989 euros. "Perso, je vis avec beaucoup moins de 1000 € par mois. En fait, si j'avais mille euros par mois, j'aurais l'impression d'être super riche " (commentaire d'un internaute). Pour rappel le montant du RSA est de 500 euros. Donc, l'État intervient, pour ceux qui le demandent (c'est à dire 3 bénéficiares sur dix) au stade de la misère (deux fois plus bas que le seuil de pauvreté c'est bien ainsi que cela s'appelle, n'est ce pas ?)
En vérité je vous le dis : le pauvre s'amuse bien, le pauvre est très libre, le pauvre crée, sait faire plein de choses, sauf de l'argent, parce que ça ne l'intéresse pas, et il n'a rien à perdre. Le pauvre vit sa vie comme un miracle, et chaque jour lui apporte sa grâce. Parole de pauvre. Et ce sont quand même bien nous qui en parlons le mieux.
Maria Ceresa, aux Urbains de Minuit