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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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Et si l�EUR(TM)indifférence de l�EUR(TM)indifférence n�EUR(TM)était pas tout à fait indifférence : valse à trois temps

Et si l’indifférence de l’indifférence n’était pas tout à fait indifférence ?

Celui qui passe pour indifférent semble aveugle, sourd et muet à toutes les souffrances, les maux, les cataclysmes, les famines, les guerres. Il n’a aucun intérêt.

Un égoïste ?

Celui ou celle qui joue l’indifférent parce que il lui semble qu’il n’a aucun intérêt pour une autre personne ?

Alors qu’en fait, il ferme ses émotions par peur.

On qualifie d’indifférent celui qui n’aime pas comme nous. Nous sommes tous différents et vouloir que l’autre nous aime à tout prix comme nous est égoïste.
Accepter la différence n’est pas indifférent, mais que chacun est à sa juste place en acceptant ces différences.

Celui qui semble ne pas se lamenter sur les misères du monde est qualifié d’indifférent.

Alors que celui qui se lamente avec la personne en peine, qui regarde la boîte à images qui le fait pleurer, lui, confortablement assis sur son canapé rotant en buvant sa bière et qui hurle au penalty raté de Son équipe, lui est un non indifférent.

Si nous devions pleurer sur tout, nous serions aussi asséchés que ceux qualifiés de cœurs secs, les indifférents.

L’indifférent est un égoïste, tout le monde le sait. Il marche au milieu du chaos sans voir les malheurs du monde. Il ne sent rien, ne s’arrête pas pour secourir, il vit pour lui et ses proches, le reste n’est pas.

Il est heureux, lui, puisque les autres sont différents, ils sont dans la misère. L’indifférent lui, est dans la misère du cœur.

Martin Luther King dit dans un discours « Ce qui m'effraie ce n'est pas l'oppression des méchants, c'est l'indifférence des bons ». Les bons seraient donc les seuls à être indifférents ou, les bons sont-ils les seuls critiquables dans leur indifférence ? Il serait apparemment préférable d’être un méchant, lui au moins, on sait qui il est.

N’y a t-il pas confusion, ne juge t-on pas trop vite une personne qui prend du recul par rapport aux maux des Autres, des famines, des guerres , etc. ?

Si nous sommes des éponges face aux malheurs des autres, nous passons plus de temps à dire « les pauvres » qu’à agir ou faire semblant d’agir.

 Larmoyer n’est pas efficace. N’est il pas mieux d’être dans l’empathie, et non dans le « je me noie avec…  » ?

L’indifférent va regarder un clochard en pensant, c’est bien fait pour lui ou, pire, il ne l’a pas vu.
Celui qui est dans l’empathie ou le détachement émotionnel, va regarder ce même clochard, sans jugement et lui offrir un sourire, une parole. Il ne va pas pleurer sur le sort de cette personne.

Est-ce de l’indifférence de dire à une personne qui finit par nous lasser sur ses lamentations pleurnichardes sur la famine mondiale : «  Est-ce que cela t’empêche de manger ? » Et là, stupéfaction, la personne au bord de la crise de larmes, nous traite d’indifférent et claque la porte.

Être indifférents aux problèmes des autres, qui ne sont pas nôtres n’empêche pas d’être dans la compassion et l’écoute.

Les sages nous le rappellent, l’empathie n’est pas souffrir avec. Être dans la compassion sans pleurs, sans vouloir participer à toutes les associations pour sauver le monde n’est pas indifférence.

Et pour ceux qui ne sont pas convaincus par mes propos, ce qui me laisserait entièrement indifférente, je leur propose de lire Descartes qui parle du concept de l’indifférence dans «  la lettre à Mesland du 9 février 1645 ».

 

 

 

 

De Passage sur Terre, aux Urbains de Minuit

 

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Numéro : 51 -