
Carambar ! Je me remémore tous ces moment où enfant je cachais le caramel entre mes dents et ma lèvre pour garder longtemps le goût dans ma bouche. Tout en faisant cela, je déchiffrais les blagues, qui oscillaient entre le complètement débile et le très drôle.
Certaines étaient presque surréalistes et me laissaient dans d'étranges questionnements.
Les bonbons sont une incroyable machine à voyager dans le temps, la madeleine des temps modernes.
Je me souviens de mon premier Fritzy Patzy, des roudoudous, des tubble gum, des soucoupes, des boules de coco, des sachet de graines Pipas, des ZAN haribo, des pailles en poudre, des sifflets bonbons, des smartiesn des malabars, des boules magiques, du Tang, des Pez, des colliers, des crocodiles, des cocas, des têtes de nègre, des souries en réglisse, du chocolat blanc Galac, des fraises Tagada et des bananes...
Pour chacun de ces bonbons je peux retrouver dans ma mémoire un moment de mon enfance : les fritzy patzy partagés avec ma copine Véronique dans l'escalier de notre maison par un très chaud été, les graines pipas mangés dans un square qui n'existe plus, les roudoudous en rentrant avec ma grand mère de chez le boulanger, le sac énorme de bonbon que l'on pouvait avoir en donnant une pièce unique de 10 francs.
Je ne rentre pas dans la polémique que c'est fait à base de pétrole, de sucre et de porc ; et qui sont une des raisons de mon embonpoint et de ma future AVC... Laissez moi à mes rêves d'enfant MERDE !
Ma femme dit : "Il y a des choses bien plus importantes." Mais est-ce si sûr ?
On peut avoir un goût certain, lire les Urbains de Minuit, apprécier le Tampographe Sardon, et aimer les bonnes blagues bien grasses.
Le rire, ben c'est le rire, ça détend.
Mais aujourd'hui les occasions de rire sont de plus en plus espacées. La Crise, les banques qui comme à Chypres peuvent te piquer ton beau pognon à la source, les faits divers ignobles et sordides que l'on voit fleurir à longueur de journaux, de JT, de sites d'information, la peur d'être déclassé dans ce monde de plus en plus dur, etc.
Même si on ne rit pas à toutes les blagues Carambar, et alors ?
Ca sera toujours mieux que la novlangue ludo éducative que l'on nous impose à longueur de journée...
• Frappes chirurgicales (mais qui font des centaines de morts),
• On n'expulse pas les Roms, on les raccompagne ;
• On ne parle plus de guerre, on parle d'"incident",
• Libéralisme : une notion qui fait penser à la liberté et qui enferme de plus en plus de gens
• Compétitivité : pour dire que les gens sont feignants
• Savoirs transformé dans les écoles en "Pédagogie"
Confucius l’a écrit : « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » ou Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », la novlangue d’aujourd’hui a pour seule finalité de nous asservir, de nous maintenir dans un état permanent de servitude et subséquemment d’entretenir notre malheur.
Les blagues Carambar c'est un petit (minuscule) espace de liberté, une spécialité française et bon enfant, des souvenirs d'enfance, de la camaraderie. Juste : pas touche !
(Petite parenthèse culturelle : savais-tu que c'est Salvator DALI, qui a créé le logo de Chupa Chups ?)
Post Scriptum : la société Carambar a annoncé le 22 mars 2013 sa décision de ne plus mettre de blagues dans leur caramel et de les remplacer par des question "ludo-éducatives". En fait c'était un coup de pub pour revenir en disant "Nous nous excusons, nous laissons les blagues"
OUF !
The Kingdom, aux Urbains de Minuit et de midi