
Abécédaire des Urbains de Minuit : lettre P pour : Pied
Quel manque de reconnaissance envers celui qui nous sert sans faillir avec abnégation tous les jours !
Pauvre pied, fidèle serviteur ignoré.
Indispensable organe, nous prenons souvent bien peu soin de toi.
Il faut d'abord ne pas oublier que nous sommes naturellement faits pour marcher pieds nus et non chaussés.
Quand aux chaussures gardons à l'esprit qu'elles n'ont, comme seule fonction première, que de nous assurer protection dans un milieu hostile, contre d'excessives températures ou risque de blessure mécanique.
Mais nous autres nantis, dans notre partie du monde le superflu est devenu notre nécessaire et devient alors primordiale : la mode.
Plus de serpent dans la brousse, seul notre soulier pourra nous agresser.
La mode exigeante et sévère maîtresse guide nos choix et plus nos pas. On ne choisit plus le confort ou l'utilisation mais l'esthétique.
Allons, qui donc oserait affirmer qu'il n'a jamais "craqué" pour le modèle dans la vitrine, si beau et des fois inconfortable, voire même pas à sa pointure, n'est-ce pas mesdames ? Mais que celui qui d'inconfort ne s'est jamais déchaussé leur jette la première pierre !
Je vais vous tenir ce propos que j'espère vous ne prendrez pas pour misogynie : 90% des patients des podologues sont des patientes !
Alors est-ce un hasard ou dieu lui même est-il phallocrate ?
Non, les problèmes de pieds ne sont pas héréditaires non plus, et pourtant souvent, chez les femmes d'ailleurs, lorsque l'on pense au parent responsable de ce trait génétique c'est la mère qui est accusée.
Le pied n'est pas fait pour être chaussé et surtout pas de chaussures pointues et encore moins à talons.
Regardez un pied de bébé et vous constaterez que celui ci s'évase vers l'avant. En effet les orteils, comme les doigts des mains, sont séparés, et de forme cylindrique.
Or, le soulier à la forme contraire, en se rétrécissant à l'avant là où il devrait s'élargir, quant aux orteils traumatisés dés le plus jeune âge ils sont, soit rendus triangulaires pour les externes et internes ou rectangulaires pour les médians.
Pour ce qui est de la chaussure féminine, une « mention spéciale » pour l'escarpin.
Sa forme trop pointue va à l'encontre absolue de la morphologie du pied, et de sa physiologie : le talon entraînant la surcharge de l'avant pied occasionnant durillons et corps, hallux valgus ("oignons") pour ne citer qu'eux, sans "conter" les diverses séquelles sus-jacentes pour les genoux les hanches et le dos.
Alors comment choisir :
Abandonnons cette légende qui consiste à faire croire aux femmes qu'un "petit talon" leur est nécessaire car dans ce cas, pourquoi pas pour les hommes dont la morphologie bio-mécanique est tout même bien similaire.
De même que ce "petit talon" est parfois justifié par la "cambrure naturelle" du pied féminin laquelle notez le bien n'a rien de naturelle mais est une pathologie fort courante du fait justement de ce dit talon !
La chaussure idéale est donc basse et large et en matériaux respirant (cuir, toile, Gortex ® ).
Alors il faut choisir, le confort et l'esthétique étant incompatibles, FERRARI et LAND ROVER n’ont point le même emploi...
Bref, il en va du pied, comme de toute chose en cette société occidentale où le superflu est devenu nécessaire .
On le contraint, on l’enjolive à son détriment, on le rend dépendant de diktats et de besoins induits, dictés par la superficialité de la mode !
En oubliant ce qu'est la mode, CE QUI CE DEMODE !!!
On le maltraite sous prétexte de le rendre beau, on le réduit à un organe périphérique alors qu’il est, ne l’oublions pas le support principal sur lequel repose tout l’édifice humain.
Le pied, c’est notre humanité maltraitée.
Alors, avant de sauver la planète, les bébés phoques et le chardon bleu,
SAUVONS LE PIED !
Pour conclure laisser moi vous citer un sage, un fou, un poète...
... Et puis, je jouais avec mes PIEDS
C'est très intelligent les PIEDS
Ils vous emmènent très loin
Quand vous voulez aller très loin
Et puis quand vous ne voulez pas sortir
Ils restent là ils vous tiennent compagnie
Et quand il y a de la musique ils dansent
On ne peut pas danser sans eux
Faut être bête comme l'homme l'est si souvent
Pour dire des choses aussi bête
Que bête comme ses PIEDS gai comme un pinson...
Jacques Prévert ( Dans ma maison ) (Paroles)
Polydèle, aux Urbains vas-nu-pieds