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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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Jusqu'où la culture du lynchage ira-t-elle?

Black Friday, chaînes de télé qui diffusent en continu les altercations violentes et les courses poursuites entre polices et suspects, vidéos youtube de jeunes se faisant tabasser, exécutions en directe... Nous barbotons dans la certitude de notre incommensurable évolution - incontestable supériorité de l'espèce humaine – nous sommes finalement plus proche de la barbarie.

Certes nous nous insurgeons, indignons, crions au scandale lorsqu'une horreur pareille est diffusée, pleurons face à la haine et la violence, déplorons les pertes, créons des chaînes de solidarités sur facebook, mais restons là, le nez collé à notre écran de télévision, attendant que la prochaine ignominie soit rendue publique. Avouons-le, nous ne sommes pas si loin du « picnegre » cet ancêtre du mot pique-nique qui en réalité était le jour où les bonnes familles américaines se réunissaient dans une verte prairie autour d'une bonne tranche de sauciflard afin d'admirer la vue... pas du soleil couchant ni de la beauté de la nature brute, mais la brutalité de la pendaison d'un nègre qui finissait accroché au bout d'une pique. Le doux impact de l'étymologie  forge le langage.

Cette culture de l'horreur réaliste, diffusée pour le plaisir de nos yeux, construit de drôles de situations que l'on peut aisément apprécier sur les réseaux sociaux, avec ces vidéos d’animaux martyrisés, de jeunes gens agressés dans la rue et entourés d'une multitude de témoins n'agissant point... Les terroristes ont d'ailleurs bien compris que nous nous délectons de tout ceci... Puisqu'ils se sont mis à la vidéo youtube. Mais pas de panique, nous avons toujours la possibilité d'agir contre la barbarie banalisée en créant des pages de soutien aux victimes sur internet, le clic sur j'aime étant l'action salvatrice par excellence.

A quoi bon se traîner une culpabilité, nous avons déjà bien assez à faire avec nos propres insatisfactions.

 

NLF, Fée fanée Urbaine et Artocrate.

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Numéro : 47 -