
L’American Psychiatric Association est une organisation puissante. Elle définit la norme. Pas n'importe laquelle : celle de la santé mentale, donc de la maladie mentale, donc des prémices de ce qui peut devenir de la maladie mentale. Organiser cela est simplement du ressort du crime contre l'humanité. Mais un Empire ne rechigne jamais devant l'impunité d'un crime, c'est d'ailleurs à ça qu'on reconnait un Empire.
Les bons docteurs psychiatres américains élaborent depuis 1952, en collusion avec l'industrie pharmaceutique *, le DSM, qui fige la norme sus dite.
Nous, l'occident sous domination américaine vivons actuellement sous le règne du DSM 5 publié le 18 mai 2013 : celui-ci comme les précédents est utilisé par des cliniciens, chercheurs, facultés de médecine et de psychologie, sociétés d'assurances et pharmaceutiques, et par les pouvoirs publics.
Il n'est pas inutile de vous faire savoir, amis Urbains bercés trop près des murs, et les dieux savent que vous êtes légions, que certains symptômes ont fait leur entrée dans le nouveau manuel.
Ainsi les "troubles cognitifs mineurs". "La perte de mémoire physiologique avec l'âge va devenir une pathologie au nom de la prévention de la maladie d'Alzheimer, prévoit le collectif Stop DSM. De nombreux sujets vont se voir prescrire des tests inutiles et coûteux avec des médicaments dont l'efficacité n'est pas validée et dont les effets à terme sont inconnus."
Listé comme une nouvelle maladie mentale : une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant » [Ndt : « oppositional defiant disorder »].
Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance », les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la défiance, l’argumentaire et le fait d’être aisément irrité.
Détruire toute forme de résistance, en faisant de l'argent.
Un article de la revue Prescrire* met à nouveau en cause le manque de sérieux et l'arbitraire des rédactions des DSM, avec ces nouvelles fausses pathologies « inutiles et dangereuses exploitées par les firmes pharmaceutiques pour des indications hasardeuses, notamment les neuroleptiques atypiques pour des troubles anxieux, etc, l'abaissement de seuils de diagnostic, toujours dans la même dynamique commerciale. Le DSM-5 apparaît comme une combinaison dangereuse de diagnostics non spécifiques et imprécis, conduisant à des traitements d'efficacité non prouvée et potentiellement dangereux. »
Lorsque l'édition du DSM-IV a été publiée, elle identifiait des symptômes de diverses maladies mentales chez les enfants américains. Le résultat fut une augmentation significative de la médication de ces derniers, certains états ayant même des lois qui permettent aux agences de santé d’obliger une médicamentation sous peine d’amende ou d’emprisonnement.
Les enfants Américains peuvent grandir sans crainte, l'Empire veille sur eux
* cf : - Christopher Lane, dans son ouvrage Comment la psychiatrie et l'industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions (Flammarion, 2009), et plus récemment par le philosophe québécois Jean-Claude St-Onge, dans Tous fous ? (Ecosociété, 236 p., 19 euros)
- Prescrire (revue): sept. 2010/t 30, no 323, p. 699.
Maria Ceresa, aux Urbains de Minuit et de midi