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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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Pauvre un jour riche toujours

Aux Urbains riches et de bonne volonté  : il va falloir vous résigner à être pauvre.

La première caractéristique du pauvre est qu'il consomme peu et qu'il produit peu. De ce point de vue et après la démonstration qui suit, vous devriez en conclure que la pauvreté est un choix salutaire.

La croissance est terminée. La logique des salaires s'achemine vers sa fin. Il va  falloir, pour vous et vos enfants, apprendre du pauvre certaines choses. Ne serait-ce que par intérêt. D'une part parce que la consommation d'énergies non renouvellables  a une fin, comme l'expression le laisse entendre : ce que vous utilisez aujourd'hui vos enfants ne l'auront pas demain. D'autre part parce que la fabrication d'objets à durée de vie courte, donc de déchêts  inégalement recyclés ou recyclables, amène la planète à saturation. Ainsi les actes d'hyper consommation et d'hyper production sont des actes toxiques, au niveau individuel et global. 

La saturation c'est l'action de saturer, c'est-à-dire de combiner, mélanger,  jusqu'à ce qu'il soit impossible d'en ajouter plus.

(film en anglais ici : http://youtu.be/y4sqFyCHcbg)

La saturation n'est pas seulement écologique, elle est également psychique, cognitive, affective. Le résultat de ce concept de saturation est le paradoxe : plus il y a de couleurs moins le sujet est visible car plus sa perception est éloignée de sa réalité, plus on reçoit d'informations moins on comprend, plus il y a de voitures moins on circule, plus il y a d'argent moins il y a d'humain, plus on a de pouvoir moins on est lucide etc.... More is less. 

Cette perte de conscience et d’affect, induite par les saturations cognitive et affective, qui constitue la réalité effrayante de la misère spirituelle, au moment où la planète doit affronter et résoudre tant de difficultés, est ce qui caractérise l’esprit perdu du capitalisme. Il y a aujourd’hui des êtres désaffectés comme il y a usines désaffectées . Telle est la redoutable question de l'écologie industrielle de l'esprit. Et tel est l’énorme défi qui nous échoit. (Bernard Stiegler)

Il faut se calmer,  réduire, se redimensionner, décroître enfin, et certainement s'appauvrir avec discernement.

Surtout si vous êtes riches. Et si vous avez du pouvoir.

Une étude récente montre que plus vous êtes pauvre, plus vous avez la capacité d’identifier les émotions d’autres personnes. Les riches n’ont aucune idée de ce que les autres peuvent ressentir. Alors que si vous êtes pauvre, vous devez savoir ce que votre patron a en tête ! Le pouvoir rend aveugle. (David Graeber)

Oui.

C'est difficile les chatons.

Car le confort, c'est confortable. 

Mais vous allez voir que la pauvreté, quand c'est bien fait, c'est amusant. Vous comprendrez qu'elle seule apporte la vraie liberté : celle qui est infinie.

  • bien sûr le premier problème c'est l'argent. Chaque mois vous en gagnez trop, beaucoup trop. Toi le riche, change de banque ! Epargne là http://www.lanef.com/ ! Prends moins !  paie tes impôts ! Investit dans ce qui vit ! Donne ! à qui ? à nous les artistes par ex : ton argent se transformera en art en pensée en fêtes,  que nous faisons très bien d'ailleurs sans.
  • avec moins d'argent disponible déjà tu consommes moins, tu réfléchis, et tu vas consommer mieux parce que tu vas penser à ce que tu fais
  • pense à l’énergie contenue dans les objets qu’on fabrique et qu’on jette, du gobelet en plastique à l’écran plat, interdit dans ta maison le produit jetable, augmente la réparabilité des appareils. Ne  plus consommer de l'industriel,  faire circuler les objets que l'on peut réparer. Les usines seront en faillites, les salariés au chomdu ? bah, aujourd'hui ou demain, quitte à être ne plus travailler autant que ça sauve  la planète
  •  il faut que tes déplacements deviennent plus difficiles. On se calme avec les voitures, les avions. Se déplacer moins, ça veut dire investir son quartier : oui l'espace de ton expression personnelle et sociale existe, elle est en bas de chez toi regarde ! non elle n'y est pas ? alors invente là 
  •  chauffer moins, climatiser moins, éclairer moins, revoir son niveau de confort, accepter qu’il fasse un peu froid l’hiver, chaud l'été....

Si tu fais tout ça, toi le riche et tous tes copains riches,  si tu apprends à être pauvre, tu sais quoi, en bonus, il n'y aura plus de pauvres, parce qu'il n'y aura plus de riches.

"Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d'être produit ce qui ne privilégie ni n'abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d'opulence, car dans une société sans privilège, il n'y a pas de pauvres." André Gorz

Sonia Grdovic, aux Urbains de Minuit

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Numéro : 37 -