
Me sentant essentiellement étrangère à l'espèce, vous comprendrez que la notion de mariage est pour moi....floue.
Par contre je conçois tout à fait celle de symbiose. La symbiose (du grec sun "avec" et bioō "vivre") est une association intime et durable entre deux organismes appartenant à des espèces différentes. Se restreignant aux associations à bénéfice mutuel elle n'intègre pas le parasitisme. Dans son sens strict, la symbiose est de type obligatoire, les symbiotes ne pouvant survivre séparément. Ce qui est très romantique. A ne pas confondre avec le concept de la guêpe et de l'orchidée de Deleuze/Guattari qui n'est pas une symbiose mais une stratégie de reproduction basée sur le leurre, une arnaque quoi. Ce qui est humain. Même si à force, cela fabrique conceptuellemnt un rhizome (toujours pour D et G). Ce qui est bien aussi. Nous reviendrons sur ces deux notions dans le Journal des Urbains de Minuit.
Non le modèle romantique absolu de la symbiose est celui du lychen, ou le symbiote 1 est situé dans l'espace intercellulaire, intracellulaire du symbiote 2 : c'est l'endosymbiose. Histoire fusionnelle invisible où l'union de deux êtres vivants, une algue unicellulaire et un champignon, composent le troisième organisme visible qui est le lychen. Histoire durable s'il en est : en effet les plus vieux fossiles de lichens datent du Cambrien. Ce qui force le respect.
Le modèle de convivialité absolu est l'histoire modeste et géniale de la Tetraponera et du Barteria. Alors oui c'est plus popotte, plus contractuel, moins radical, puisque le symbiote 1 vit à la surface du symbiote 2 et qu'il s'agit donc vous l'aurez compris, une ectosymbiose. Mais ça marche très très bien aussi. L'histoire se passe au Gabon, où les branches creuses du Barteria (arbuste de la famille des passiflores) offrent à une espèce de fourmis, les Tetraponera, un gîte tout confort, et aussi le couvert grâce aux bords de ses feuilles parsemés de glandes à nectar que les fourmis récoltent à longueur de journée. En échange des services rendus, les fourmis offrent à l'arbre une protection, grâce à leur dard vénimeux, contre ses ennemis jurés : les mangeurs de feuilles.
Et comme j'aime à boucler mes boucles sémiotiques : cet arbre est surnommé au Gabon « arbre de l'adultère » du fait qu'historiquement les femmes adultères y étaient attachées.
Comme quoi mon vieil ADN du Cambrien a quelque raison de préférer la symbiose au mariage.
Sonia Grdovic, aux niçois qui mal y pensent