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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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Savoir dire non

Le « non » en tant que nom masculin, invariant en nombre, marque le refus et la négation dans le langage. Placé en tant qu’adverbe dans une phrase interrogative, il incarne une expression, l’impatience, le doute, l’étonnement. Employé dans une forme exclamative il peut souligner l’indignation. Il peut aussi assoir une position et un avis bien tranché.

Le « non » est indicateur de caractère. Savoir dire non est « oiseau cafard » de confiance en soi. Savoir dire ce que l’on ne veut pas, c’est savoir ce qu’on veut vraiment, finalement.

Malheureusement, le « non » a son petit côté obscur. Dire non de façon catégorique et un appel au symbolisme négatif. Le non est une interdiction, c’est une limite, le refus, l’obstacle social, le contraire du « oui » sécuritaire. Il représente l’autorité hiérarchique, parentale et s’accompagne généralement par un sentiment de frustration lorsqu’il est reçu.

Ainsi, l’emploi du « non » dans les échanges sociaux, peut-être envisagé de moultes façon, afin de ne pas froisser la sensibilité de son prochain. Le « non » peut s’accompagner d’une argumentation explicative afin de favoriser sa compréhension, il doit, autant que faire se peut, être suivi d’une note positive à l’égard de l’interlocuteur et s’envisage parfois, dans une tournure syntaxique qui ne nécessite même pas son emploi verbal.  Autrement dit, dans sa perfidie et son désir goulantesque de manipulation d’autrui, l’être humain a su, à force de rhétorique, à inventer des manières délicates  de dire « va te faire foutre » à son voisin.

Savoir dire « non » est une qualité difficilement observable chez les personnalités qui souffrent d’un besoin maladif de plaire aux autres. A force de vouloir systématiquement être aimé de son entourage, comportement révélateur d’un indéniable manque de confiance en soit, ces individus développent cette non-compétence consciente : l’incapacité de dire « non » aux autres. Ils se divisent généralement en deux catégories, celle de ceux qui disent oui à tout et qui se retrouve à faire ce qu’ils ne voulaient pas faire, et celle de ceux qui pour éviter de se retrouver dans cette situation, ne formulent ni le oui, ni le non. Ce sont les pires. En gros, ils excellent dans l’art de « la non-réponse ».

La « non-réponse » est un « non-acte » qui s’exprime par une attitude très particulière qui consiste à « faire le mort ». En d’autres termes, celui qui ne sait pas dire « non » et ne veut pas dire oui, ne répondra jamais à vos messages et attendra que ça passe, pourvu que vous l’oubliiez. Il changera de conversation si vous lui en touchez deux mots et éventuellement, fera comme si vous ne lui avez jamais posé la question.

L’emploi du « non » est pourtant chose courtoise quand on y pense. Dire « non » à son interlocuteur lui permet d’avoir la possibilité de se positionner et lui garantit un confort de certitude qui ne le maintiendra pas dans le doute et l’ignorance. Dire « non » à l’offre ou à la demande permet de pouvoir se tourner vers une autre route et de se décharger d’un poids. Dire « non » ne veut pas dire que vous êtes incapable et incompétent, en revanche la « non-réponse »  est signe de faiblesse et caractérise un sévère manque de fiabilité.

D’ailleurs, l’emploi du « non » dans le langage s’effectue très tôt. L’enfant, avant même de formuler le « oui », balance des « non » systématiques à toutes les sauces entre 18 mois et 4 ans. Ce comportement tout à fait sain est un passage obligatoire, indicatif du développement de l’affirmation de soi. « Je dis non parce que je suis ! »

Avec un peu de pensée philosophique, quand on observe cette attitude enfantine, la perte de l'expression « non » c’est finalement la perte de soi.

 

Nydenlafée, fée urbaine, à ceux qui n’arrivent pas à me dire « non ».

1 commentaires
Le 2014-02-20 12:06:38 par
je suis en particulier d'accord pour celui qui fait le mort ils sont tres nombreux !:)
Numéro : 29 -