
Quand l'art et la culture deviennent discours électoral.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, en cette saison d’hiver qui ne sent pourtant pas beaucoup la neige, je trouve le climat plus givré que jamais. Et pour cause, n’y aurait-il pas un peu de démagogie dans l’air ? Nous ne l’aurons pas oublié, c’est la période des élections municipales, non seulement c'est la période de toutes les extravagances du maire sortant qui brigue un second mandat, mais c’est aussi la période de tous les racolages pour les candidats entrants.
Ah veuillez m’excuser on m’annonce à la régie que le maire sortant aurait posé une statue de la liberté sur les quais des Etats-Unis ! Et une extravagance extrêmement coûteuse, une ! Evidemment, nous n’avions pas assez d’artistes talentueux et créatifs à Nice, il fallait forcément reproduire l’œuvre d’un autre, et décédé.
Ah ! Je reçois une autre information de mes collègues journalistes, oui ! On m’annonce qu’un candidat tenterait de faire tomber l’Estrosi ! Il s’appelle Olivier Bettati, "son parti c’est Nice" et il s’affaire à aller à la rencontre des pauvres artistes délaissés et abandonnés par le Christian. Et en bon justicier, il compte bien sauver la culture en proposant des locaux pour les associations de quartiers, et en offrant des espaces de création aux artistes ne possédant pas d’atelier. Pas à perpète les abattoirs, non ! Dans la ville!
C’était le 29 Janvier au soir que quelques artistes niçois ont été invités à boire l’apéro dans le magnifique atelier de Béatrice De Domenico, afin de discuter du devenir de la culture à Nice avec le Bettati. Nous étions tous (enfin tous les autorisés) là, verre de vin à la main, projets culturels dans l’autre, prêt à dégainer les infos devant Olivier, accompagné de son sidekick, Marc Concas. Olivier de droite, Marc de gauche, ensemble, amis de longue date, politiquement opposés mais idéologiquement accordés, s’unissant dans l’idée commune que de nos jours, la droite, la gauche, les extrêmes, c’est hasbeen, qu’en 20 ans la société n’est forcément plus la même et que si l’on veut combattre le Kraken il faut s’attaquer à l’homme qui le dirige.
Bien, jusque-là le 1er round a l’air intéressant, après tout, toutes les élections auront eu leur lot de discours utilisés pour gagner l’électorat. On se souvient de celui sur le système scolaire, sur l’insécurité ou encore sur le pouvoir d’achat. Rien n’a bougé depuis, les problèmes restent, les discours changent.
Cette année c’est l’art et la culture qui paraissent au centre du débat, Mr Estrosi nous en a mis plein la vue durant son mandat avec son stade flambant neuf, ses abattoirs restaurés en ateliers, sa coulée verte et sa statue de la liberté. Tout ça bien évidemment n’étant pas gratuit, la ville se surendette et les impôts locaux augmentent. Les problèmes sont toujours les mêmes, les artistes crèvent la faim, ceux qui ne sortent pas de l’école de Nice n’ont aucune crédibilité face aux projets de la mairie, la culture est résumée au « carnaval-vitrine » et au foot, il faut hypothéquer sa mère pour assister au festival du jazz et ne compte pas te poser avec ta peinture et ton châssis dans les jardins publiques, encore moins avec ta guitare, hippie va !
Mais M. Estrosi, M. Bettati a bien compris, lui, que même si vous briguiez le poste de ministre de la culture, votre notion du culturel est une hécatombe ! Mr Bettati a parfaitement saisi, que les artistes ont un pouvoir médiatique, qu’ils sont suivis sur les réseaux sociaux par des centaines d’électeurs potentiels ! Mr Bettati à parfaitement pigé tout ça et n'hésite pas à s'en servir. Sommes nous pour autant utilisables ?
Au passage, c’est bientôt Carnaval non ? La fête du peuple il me semble. Interdire les carnavals de quartiers n’y changera rien, plus vous allez interdire au peuple d’exprimer sa colère, plus cette colère risque de vous péter à la gueule. Et soit dit en passant, le roi est souvent représenté avec la tronche du pauvre ère qui nous dirige et qu' à la fin on le brûle ! Et M. Bettati l’a surement bien compris ça aussi.
Adieu, pauvre, adieu pauvre,
Adieu pauvre Carnaval
Tu t'en vas et moi je reste
Adieu pauvre Carnaval
Tu t'en vas et moi je reste
Pour manger la soupe à l'ail
Pour manger la soupe à l'huile
Pour manger la soupe à l'ail
Adieu pauvre, adieu pauvre,
Adieu pauvre Carnaval
La jeunesse fait la fête
Pour saluer Carnaval
Marie fait des brioches
Avec la farine de la maison
Le bœuf danse, l'âne chante
Le mouton dit sa leçon
La poule chante le Credo
Et le chat dit le Pater
http://www.mamalisa.com/mp3/carnaval.mp3
Bonne nuit les petits, faites de beaux rêves
Nydenlafée, aux niçois, petits et grands, qui mal y pensent.