
CAVANNA EST MORT !
« Cavanna n’est pas mort, il nous a laissé des enfants », entends-je. Certes, mais ces derniers n’ont pas jugé bon d’en faire à leur tour. Qui se réclame de Coluche ou de Desproges actuellement ? Il y a bien quelques vagues neveux au deuxième degré, même s’ils le manient avec prudence ce fameux second degré ! Maintenant, si tu veux un spectacle comique complet tu es obligé d’en voir trois au minimum, et forcément ça te coûte plus cher. Un arabe qui parle des arabes, un noir qui plaisante sur les noirs, un juif avec quelques blagues bien édulcorées sur les juifs. Il ne manque plus que le gaucher et ses vannes maladroites, le handicapé avec son « one manchot », le gay luron, le franc-maçon, le facho et sa théorie du genre, et le mort avec…… Ah non, ça ce n’est pas possible, c’est pour ça qu’on ne plaisante pas avec la mort.
J’appelle ça le hobby du lobby. Chacun son troupeau et les cons seront bien gardés. Cavanna est bien mort et avec lui l’humour universel, celui qui nous servait d’exorcisme. Cavanna n’a pas eu de petits enfants mais Torquemada oui. Et ils sont fades et pas rigolos du tout. On se croirait dans un remake de Le Nom De La Rose.
Le retour à l’obscurantisme par un regain de puritanisme, de morale bidon, par l’interdiction de la parole ou une remise en question de l’avortement n’augure rien de bon. Où est-il le « Il est interdit d’interdire » ? Cavanna est bien mort et avec lui la rébellion, la provocation, la rock and roll attitude. Ceux qui n’ont pas connu s’en foutent, mais moi j’ai mal à mes années 70’, j’ai mal à ma liberté.