
J’ai toujours été un partisan du progrès dans le numérique.
Les révélations d’Assange et d'Edward Snowden, ne m’ont pas tellement ébranlées dans cette croyance. Au final qu’on écoute mes conversations téléphoniques, je m’en fiche car elles sont inintéressantes, qu’on lise mes emails, je plains même l’ordinateur qui doit s’ennuyer à ne rien trouver dans mes 50 mails journaliers à 99% professionnels, qu’on lise mon Facebook, je m’en fiche aussi, je n’y écris rien de révélateur.
Mais là où je ne suis pas d’accord c’est la mise en place de programmes de détection de « comportements suspects » qu’on voté les parlementaires de Bruxelles ces 4 dernières années pour « lutter contre le terrorisme » .
Avez-vous entendu parler, dans nos chers médias, des programmes INDECT, ADABTS, SAMOURAI, SUBITO, ADDPRIV ? Ces programmes visent à détecter des comportements suspects au moyen de caméras de vidéo surveillance. Les comportements suspects sont centralisés, analysés.
Un bon vieux vigile ne peut pas regarder plus de 10 caméras à la fois. Le principe est que toutes les caméras des villes soient connectées à un serveur qui va analyser nos déplacements, écouter les sons provenant de la rue, voir les rapprochements entre deux humains et alerter un policier.
Ces systèmes sont plus que scandaleux !
Qu’est ce qu’un comportement anormal ? Un des responsables de ce projet décrit :
Un “cri puissant” combiné avec “des poings brandis” et une “personne chutant” constitue un scénario permettant de prédire une agression. Des “gesticulations excessives” et des “regards alentour permanents” peuvent indiquer un comportement nerveux, qui, conjugué avec “porter des lunettes de soleil ou une capuche par un temps inapproprié” peut signifier un vol ou un scénario terroriste.
Pour l’instant le système n’est pas capable de faire la différence entre deux personnes qui s’embrassent et un vol de sac à main. Mais demain ?
Le problème majeur de ce type de technologie est qu’il est développé par des blancs, riches et européens donc basés irrémédiablement sur des préjugés raciaux ou sociaux.
Le risque d’erreurs ou de fausses accusations sera alors très élevé, ce qui peut mener à une culture de la peur, à une société où le principe de présomption d’innocence serait perdu au profit de la méfiance généralisée !
J'espère que le monde ne deviendra pas cela !
The Kingdom, aux niçois qui mal y pensent
Viens tu vendredi soir à 19h30 au Court Circuit, 4 rue Vernier, Nice ?