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Numéro 61 - 07 septembre 2016
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Abécédaire des Urbains : lettre C pour Corps Couple Combat

           

FL : "- Avoir un corps. Tu fais du tango et depuis longtemps, et j'admire cette danse pour plusieurs raisons.

Moi dans une autre vie je fais du judo et d'une certaine manière j'ai réfléchi à cette pratique...et je trouve bcp de similités entre les deux.
 
Mon postulat : le corps a une intelligence propre à lui et c'est flagrant dans la danse la sport le geste de peindre etc...

Sonia je voudrais te poser deux questions :  quand as-tu commencé le Tango et au delà de la pratique physique, quelle est la partie de toi qui en éprouve le besoin, si toutefois c'est un besoin pour toi ?

SG : - En tango, il s'agit de réconciliation. Il s'agit d'un accord. De corps. D'être d'accord. D'être deux corps ensemble, mieux, un seul corps à quatre jambes.   Il s'agit d'un mouvement continu à deux. Son but à l'inverse du combat, est qu'il ne soit jamais interrompu.

FL : - Le tango c'est ça donc, prolonger le mouvement afin qu'il touche à l'infini ou à un éternel retour, ça me rappelle les derviches tourneurs qui se proposent d'être des axis mundi.
Pour revenir au combat, je pense qu'il faut réfléchir par degré de compréhension ou de sens. Premier degré , je gagne sur l'autre et c'est terminé, 2ème, un combat se fait à deux, il ya quelquechose de plus qui échappe au verdict final et c'est précisement ce qui est précieux, d'avoir magnétisé l'espace, d'avoir épuisé une agressivité dans des jeux finalement trés codifiés, et du coup avoir voyagé un moment avec l'autre. (L'agressivité dans les beaux combats ayant été épuisée, il y a comme en effet rebond un besoin presque charnel ou du moins chaleureux d'aller vers l'autre et le prendre dans ses bras, ça se voit en boxe). Troisième niveau, presque platonicien et ça se vérifie souvent, la beauté du geste = l'efficacité = la justesse = une certaine vérité formelle qui dépasse le combat le sport la victoire. Au fond, pas plus que" l'art de la guerre" de Sun Tzu ne parle de guerre, les moments ou mouvements parfaits qui sont rares ne relèvent du sport du combat...
Il y a pour moi, des moments de perfection formelle (au saut à la perche par ex) qui sont matière à réflexion interrogation, du coup le sport s'échappe par le haut. Mais ce qui est pour moi fascinant c'est que ça passe par le corps, la vérité du corps, et une certaine intelligence de celui-ci. l'esprit ou le cerveau ne sont pas en mesure de penser analyser à ce moment là.
Je pense que dans la danse il doit y avoir aussi des moments magiques de pure harmonie, des moments d'accord ou d'Unité qui donnent a posteriori à réfléchir et qui poussent à repenser la pratique, le lâcher prise, pousser les limites.
Il y a aussi dans le judo une notion de distance avec le partenaire et idéalement le mouvement va se faire au centre de cet espace, centre de gravité des deux corps où les forces s'annulent, et si tous les éléments sont synchrones, temps espace, le mouvement va se faire tout seul sans force, cela va se passer et au moment où cela se produit il n'y a plus de je et de il, car nous allons tourner sur le même axe de sorte que je ne sais pas si je suis moi ou l'autre dans le vertige de la chute .
On est déjà bien loin du combat , je gagne je perds.
Je trouve que cet espace idéal entre les partenaires comme lieu de vérité, et qui doit se retrouver dans le tango ( j'espère...) est très interressant.
Tout ça est assez phénoménologique comme parti pris....."
 
 
                                                                                                                                                                 
 
 
1 commentaires
Le 2015-02-22 14:57:25 par PP.P.
Quand le sport de combat, le judo, en l�EUR(TM)occurrence confine au " la beauté du geste = l'efficacité = la justesse" nous entrons dans le champ des arts martiaux. Ce domaine ou la première, la seule victoire est la victoire sur soi même et où le corps devient conscient et éthique. Où le combat cède la place au geste esthétique de co-création ayant pour but de résoudre le conflit et nonplus de dominer l'autre.
Numéro : 17 -